Le 30 Septembre 2006 j'étais au concert de Placebo à Lille. Ca fait un petit moment que c'est passé, mais j'ai toujours un certain mal à réaliser que je les ai revus.
Revus car si vous retournez au début de ce blog (il y a deux ans déjà...) vous verrez que je suis allée à Arras aussi. Cette précédente review est bien moins détaillée que celle qui va suivre...
Je l'ai écrite seulement quelques jours après le 30, j'étais donc encore sur mon nuage et j'espère que vous comprendrez mon émotion.
Placebo, le 30 septembre 2006 à Lille.
"Le 30 septembre je me lève à 6h30 pour un super DS de maths à 7h55 et qui ne durera qu’une heure au lieu de deux. La journée commence bien. A peine sortie du lycée, je pense déjà au concert de fou auquel j’assisterai le soir même. Mon groupe préféré, enfin. J’attendais cela depuis deux ans, depuis Arras en 2004 et c’est arrivé.
J’essaie de me concentrer quand même pour travailler mais c’est impossible, je n’ai qu’une chose en tête. Ces sept fameuses lettres : P L A C E B O. L'idée que ce concert puisse être annulé me tourmente...
A 15h, j’arrive au Zénith de Lille où je retrouve Julie et autres Placebiennes pour attendre nos anges. Camille arrive quelques minutes plus tard avec son parrain et ça y est nous sommes au complet. Les premières heures passent très vite. Entre photos souvenirs et délires Placebiens, le temps passe à une allure folle. Par contre, la dernière heure dans la file d’attente semble interminable. Les sacs ouverts, les billets à la main, nous n’attendons qu’une chose : voir Placebo. L’adrénaline monte, je joue comme une folle avec mes bracelets roses et verts, dans un peu plus d’une heure je vais les voir. Les grilles sont enfin ouvertes et la course commence. Fouille rapide du sac, et je cours rejoindre les filles dans la salle. Nous sommes au quatrième ou cinquième rang. Je n’en reviens pas, je vais les voir de près, sans écran géant comme à Arras. Mais il faut encore attendre. Attendre Emilie Simon puis Placebo. L’heure passée dans la salle est la plus longue, c’est interminable. Nous sommes déjà tellement serrés que mon frère n’arrive pas à me rejoindre. Finalement il ne sera qu’à quelques rangs derrière moi. J’ai déjà mal aux jambes à cause des deux heures d’attente debout et du reste assise par terre.
Les lumières s’éteignent et Emilie Simon arrive sur scène avec ses musiciens. Les instruments sont plus qu’étranges mais le résultat est surprenant. J’ai pu reconnaître « Song of the Storm » et « Fleur de saison ». Je ne suis pas déçue de cette première partie. Trois quarts d’heure plus tard, Emilie s’en va en nous souhaitant de passer un bon concert… Dans quarante minutes, ils vont arriver. Oui ces anges qui me hantent depuis si longtemps. Ils seront à quelques mètres de moi. Cela semble être une éternité, je regarde ma montre toutes les cinq minutes…je finis même par l’enlever pour arrêter de stresser. J’ignore pourquoi je suis aussi stressée, ce n’est pas un contrôle pourtant. C’est un rêve qui se réalise…pourquoi est-ce aussi angoissant ?
L’intro d’ « Infra-red » commence et ça y est, je sais que je vais les voir. Le groupe arrive sur scène et je suis complètement folle. J’ai le souffle coupé, je n’arrive pas à réaliser qu’ils sont là, que je chante en même temps qu’eux et que ce n’est pas un DVD que je regarde tranquillement dans mon salon. L’angoisse de l’annulation est oubliée depuis longtemps et Brian est bel et bien guéri. Ils enchaînent sur « Meds », magnifique même sans Alison des Kills. Nous connaissons tous les paroles, ça semble irréel. Je chante avec toute mon énergie, en même temps que Placebo, nous respirons le même air, nous sommes dans la même salle. Ca peut paraître idiot, mais c’est à ce moment là que je réalise et que j’ai les larmes aux yeux. Mes larmes se sèchent vite avec « Because I want you ». Dire que dans mon sac j’ai cette chanson, sur un CD… Mais là c’est bien réel. C’est vraiment dur d’y croire mais je bouge comme une malade, je suis déjà fatiguée à cause de ma longue journée mais je n’y pense pas. « Drag » me fait revenir sur Terre, cette chanson est plus que géniale en live. Je redécouvre Placebo, je connais les paroles mais je redécouvre. Sensation étrange au fond de moi. La joie de la découverte… Ils ne me sont pourtant pas inconnus, c’est ça la magie du rêve. Mais quelle bonne surprise de revenir en 2003 avec « Soulmates », ‘cause soulmates never die… Comment ai-je pu zapper cette chanson aussi longtemps alors qu’elle est magnifique ? Je vois encore le moment où je recevais le DVD à Noël, ça paraît si loin mais si proche en même temps. Et nous retournons dix ans en arrière avec « Bionic ». Dire que j’avais seulement six ans lors de la sortie de cette chanson ! Je me rends compte de la chance que j’ai d’être là à quinze ans, avec tous ces gens qui les suivent depuis le début. Le moment de la larme à l’œil arrive lorsque nous chantons « Joyeux anniversaire Placebo » et que nous leur faisons cinq bonnes minutes d’ovation… Brian semble être ému…et Stefan qui n’ose pas parler français ! Je découvre là un Brian taquin, un Brian doux, avec un cœur d’or. Pour nous, ils jouent une chanson pour la première fois en live. Je pense à « uneedmemorethanineedu » ou une surprise, mais non, c’est encore mieux. C’est « I know ». Merci pour cette surprise fabuleuse. Je n’en reviens pas, et je crois que je ne suis pas la seule. La première fois que « I know » est jouée, je suis là. A mon grand étonnement, je me tais, je laisse Brian chanter, j’écoute, je suis presque clouée sur place. Les regards entre fans fusent, et je vois de la joie partout. Les étoiles qu’ils avaient allumées dans mes yeux il y a deux ans sont toujours là et brilleront encore longtemps… Ca passe trop vite. Le temps que je me remette de mes émotions, nous sommes à « Song to say goodbye ». Elle met le feu forcément, le premier single de l’album… Ca paraît tellement loin ce mois de mars ! Nous nous calmons vite pour profiter de « Follow the cops back home », magnifique comme toujours. C’est doux, c’est calme, j’ai l’impression de rentrer en communion avec le groupe. Comme quand j’ai crié STEFAAAAN avec les filles et qu’il nous a entendues. Ca m’a fait bizarre de le voir sourire avec notre cri… Il nous a entendu et je ne réalise pas. Encore une fois ce n’est qu’un petit détail, idiot pour certains, mais ça fait tellement plaisir…
Nous sommes déjà à la moitié du concert, que ça passe vite ! La basse de Stefan nous fait vibrer sur l’intro de « Every You, Every Me », la chanson que tout le monde connaît, aime et qui fait bouger tout le monde. C’est fou comme une chanson peut nous faire crier et bouger. On dirait qu’ils le font exprès, nous nous calmons pour la magnifique « Special needs », remember me…special dreams. Exactement, ce n’est pas possible, je rêve. Comment puis-je être si près d’eux alors qu’ils ne savent même pas que je suis là ? Mon dieu, je vois sur l’écran géant, une petite main lointaine qui fait les mêmes gestes que moi…Mais c’est moi ! Est-ce que vous me croyez quand je dis que je n’arrive pas à réaliser ? Je n’ai pas le temps de penser à tout cela pendant « One of a kind » avec son refrain, le refrain qui me rend heureuse, qui me fait bouger, même chez moi. Les bras levés montrent bien que je ne suis pas la seule dans ce cas là… Sept mille personnes qui ressentent la même chose en même temps… Sept mille, sept lettres, un hasard ? Sûrement, mais ça veut tout dire. Pourtant je n’aime pas ce chiffre…
Comme nous l’avions entendu, le groupe enchaîne sur « Without You I’m Nothing », certes sans David Bowie, mais elle reste magique. Je chante cette chanson en leur dédiant, c’est vrai, sans eux je ne suis rien. Ils ne me déçoivent pas avec « Blind », mais quelle set-list magnifique ! Je ne pouvais rêver mieux… Peut-être manque t-il « Special K » ou « The Bitter end » ? Non, même pas. « Special K » et ses « palapapapalalam » et le public qui chante, et « The Bitter end » qui me rend folle. Je reçois des coups de tous les côtés, je manque de tomber à plusieurs reprises, c’est flippant mais dans ces cas là, on garde toutes ses forces pour remonter et les voir encore et encore… Le groupe s’en va quelques minutes et revient avec « Running up that hill » avec son intro très longue, mais qui ne provoque que du bonheur. Je n’ai pas le temps de dire ouf, l’intro de « Taste in men » débarque. Ma chanson préférée si on veut, Stef ne fait pas sa danse mais ça n’a aucune importance. C’est « Taste in men », je ne pouvais rêvé mieux… Je suis dans un état second, les yeux dans le vide à certains moments. Peut-être que Stef ne danse pas, moi en tout cas je ne me gêne pas ! Le concert est presque fini… C’est l’heure du rappel avec « Twenty years », fin du concert avec cette chanson que nous attendions toutes et tous.
Hé oui, fin du concert. Que ça passe vite quand nous sommes heureux… Le groupe nous dit au revoir et s’en va. C’est fini. Les lumières se rallument et les gens partent. La sécurité nous prie de vouloir sortir et voilà, c’est fini. Je n’attends pas le groupe à la sortie, il est tard, et je vois bien que mon frère n’en a pas trop envie. Ce n’est pas grave, je rentre à la maison avec mes étoiles dans les yeux et c’est déjà merveilleux. Merci Placebo, pour tout. Ce concert, vos chansons, ma vie, vous. Merci …"
Leeloo
Ecrite au départ pour le forum Placechti.
Photo trouvée sur le forum officiel.
Merci à "FanPlacebo" d'avoir partagée ses photos.